la littérature arabe

28 août 2010

La littérature arabe contemporaine est plutôt mal connue des lecteurs européens. C’est seulement au cours de la dernière décennie que les noms de certains auteurs, notamment celui de Naguib Mahfouz, ont commencé à devenir familiers à un plus large public. Cette situation contraste avec le succès et la grande reconnaissance dont ont bénéficié en Europe d’autres productions littéraires, en provenance d’Amérique latine par exemple. Toutefois, bien que les textes littéraires
arabes restent en partie à découvrir, on doit admettre que des progrès importants ont été effectués durant les dernières années, de nombreux pays se montrant davantage disposés à accueillir et à diffuser ce genre d’ouvrages.

Quoi qu’il en soit, envisager la traduction de la littérature arabe en Europe comme un tout n’est pas une chose facile. Les évolutions ont été différentes d’un pays à un autre, en fonction de traditions orientalistes et arabisantes, et d’expériences historiques variées. Ainsi, il ne fait aucun doute que les huit siècles de présence musulmane dans la péninsule ibérique ont influencé les recherches universitaires et les traductions en Espagne, où l’arabisme eut longtemps pour caractéristique d’être dominé par la priorité donnée à cet « orient intérieur » que fut Al-Andalus.
Dans le reste de l’Europe, l’orientalisme, français, britannique ou italien, a davantage été lié à la colonisation du monde arabe. Une expérience qui n’a pas forcément provoqué en métropole un intérêt pour la littérature des colonies ou excolonies.
Néanmoins, les auteurs arabes qui ont opté pour l’anglais ou le français ont été mieux reconnus et diffusés.

Khalil Jibran Khalil, célèbre pour ses oeuvres en anglais, et Tahar Ben Jelloun, qui a choisi d’écrire en français, sont représentatifs de ce phénomène. Paradoxalement, c’est justement l’existence d’une production dans d’autres langues que l’arabe, à l’exemple de l’importante littérature maghrébine d’expression française, qui pourrait avoir un effet négatif sur la traduction des oeuvres littéraires écrites en arabe.

Malgré ces différences nationales et linguistiques, on retrouve nombre de points communs dans la manière dont s’est effectué le passage d’un certain nombre de textes littéraire arabes vers les langues européennes. Une première phase a été ouverte vers le milieu du XXe siècle, sous l’égide d’institutions officielles telles que l’Istituto per l’Oriente en Italie, ou l’Instituto Hispano
Árabe de Cultura et l’Instituto Egipcio d’Estudios Islámicos en Espagne. Ces traductions étaient étroitement liées à destravaux de recherche et avaient un aspect universitaire très marqué. En raison, certainement, de l’importance du rôle qu’elle avait joué aux premiers temps de la culture arabe contemporaine, et grâce au dynamisme de son milieu littéraire, l’Egypte
Se trouva fort bien représentée dans cette première vague de traduction en français, en espagnol ou en italien, grâce à des auteurs tels que Tewfik el Hakim, Taha Hussein ou Mahmoud Taymour.

En dépit de ces facteurs nationaux, il y a eu aussi des événements qui ont modifié la réception de la littérature arabe contemporaine dans pratiquement toute l’Europe. Le premier d’entre eux fut la guerre des Six-Jours de 1967, qui suscita un engagement militant pour la cause palestinienne bien au-delà des seuls cercles universitaires. Des romanciers comme Ghassan Kanafani ou Emile Habibi, un poète tel que Mahmoud Darwich, devinrent la voix littéraire de la conscience palestinienne et furent traduits dans les principales langues européennes. On peut estimer que ce mouvement de solidarité a marqué un tournant dans la diffusion de la littérature arabe. Il a coïncidé avec de nouvelles initiatives éditoriales, telles que les Editions Sindbad, une aventure sans équivalent en Europe, qui a offert aux lecteurs français, durant les années 1960, des textes de première importance d’auteurs arabes ou musulmans, classiques ou modernes.

Mais, sans aucun doute, l’événement le plus marquant par rapport à notre question fut, en 1988, la première attribution du prix Nobel à un écrivain de langue arabe, Naguib Mahfouz. En Espagne, on a traduit presque tous ses ouvrages et, pour la première fois, un auteur arabe s’est vu considéré comme un classique moderne et édité, à ce titre, dans la collection des classiques universels de la maison d’édition Cátedra. En Europe, les répercussions de ce prix ont pu varier d’un pays à un autre, il reste qu’on a pu assister à une augmentation importante du nombre des oeuvres traduites, et que celles-ci ne se sont pas limitées à ce seul auteur.

Au cours des années 1980, les traductions littéraires depuis l’arabe abandonnèrent graduellement le secteur de l’édition institutionnelle et universitaire pour gagner celui des éditeurs commerciaux, qui offraient une meilleure distribution et des tirages plus importants, mais restaient encore trop souvent dépendants des aides officielles à la traduction. La transition fut souvent facilitée par l’appui d’institutions publiques comme l’Instituto de Cooperación con el Mundo Árabe ou l’Institut du Monde Arabe, qui élargirent leurs activités pour offrir des subventions ou d’autres formes d’aides financières à des maisons d’édition privées acceptant de publier ce type de textes.
Ce transfert progressif vers le secteur privé a été accompagné par l’accroissement du nombre des éditeurs publiant de la littérature arabe et par la création, dans des maisons généralistes, de collections spécialisées dans ce domaine. En général, ce mouvement a vu dans le même temps l’abandon de l’appareil critique hérité des traditions philologiques qui avait marqué les premières traductions. Ce phénomène s’observe en allemand, avec les débuts, vers le milieu des années
1980, de la collection Arabische literatur chez l’éditeur suisse Lenos ; en espagnol, en 1990, avec al-Qibla aux Ediciones Libertarias ; en français, en 1992, avec la collection Mondes arabes chez Actes Sud ; et en italien, en 1993, avec la collection Narratori Arabi contemporanei aux éditions Jouvence. A côté de ces noms, il faudrait citer ceux de Sindbad en France, de CantArabia en Espagne ou Alhambra en Suède, autant d’éditeurs spécialisés dans le domaine arabe et musulman qui ont lancé des collections littéraires. La fin de la domination longtemps exercée dans ce champ particulier de la traduction par le secteur public et universitaire a permis que l’ancienne approche philologique soit remplacée par une nouvelle, plus moderne, davantage sensible à l’importance littéraire d’un texte qu’à son intérêt documentaire, qu’il soit d’ordre anthropologique, social ou politique.

La croissance du lectorat a également permis d’élargir l’éventail géographique des auteurs traduits. A côté des écrivains égyptiens et palestiniens, des Marocains, des Irakiens ou des Libanais ont vu leurs oeuvres davantage traduites. A la place des anthologies de poètes ou de romanciers si fréquentes dans certains pays, on a entrepris de traduire des ouvrages entiers. Les genres littéraires retenus dans les traductions ont également évolué, pour mieux refléter les tendances actuelles. La poésie a perdu sa suprématie au profit du roman qui est devenu le mode d’expression littéraire à la fois le plus présent dans les traductions et le plus représentatif de la production arabe durant la seconde moitié du XXe siècle.

Si l’on compare la liste des auteurs et des titres traduits dans les différentes langues européennes, on observe une grande homogénéité, le fait qu’une oeuvre soit disponible dans une langue européenne facilitant le passage vers les autres. Ce phénomène est commun à de nombreuses langues « minoritaires ». En l’absence, en dehors du milieu universitaire, de lecteurs spécialisés informant les éditeurs de l’apparition de nouveaux auteurs et expliquant l’importance des oeuvres
présentées dans la presse culturelle et littéraire du monde arabe, on arrive en Europe à une situation où, pour ne citer que ce cas-là, seuls les ouvrages écrits initialement en français par le marocain Abdallah Laroui sont connus du public, alors que la majeure partie de sa production historiographique et littéraire, publiée en arabe durant les dernières décennies, reste inconnue.
Sans tomber dans l’exagération, on peut affirmer qu’on a bien assisté, vers la fin du XXe siècle, à un essor sans précédent de la traduction et de la diffusion de la littérature arabe, en grande partie favorisé, comme on l’a vu, par le prix Nobel décerné à Naguib Mahfouz en 1988. Mais il faudrait également mentionner l’attribution du prix Goncourt à des écrivains d’expression française tels que le Marocain Tahar Ben Jelloun ou le Libanais Amin Maalouf, car elle a contribué à ce que les créations de certains auteurs arabes soient mieux représentées sur les marchés européens.
Un autre facteur devrait être observé dans le cadre de cette présentation, celui que constitue la présence, dans les pays européens, d’immigrants arabes. Pourtant, le fait qu’ils soient aujourd’hui plusieurs millions n’y suscite pas automatiquement un plus grand intérêt pour la culture et la littérature arabes. Paradoxalement, il y a même un d’assister, dans les pays où ils sont suffisamment nombreux pour constituer des marchés secondaires, à une sorte de « ghettoïsation» de l’intérêt pour cette littérature, et donc sa traduction.

Dans les deux œuvres, il s’agit de deux mondes différents l’un de l’autre, mais qui sont en perpétuelle communication, d’une part, on a un monde clos et atemporel qui est inclus, malgré lui, dans une totalité sociale : dans La Trilogie, par exemple, la famille appartient au « commun de la classe moyenne » et à l’occasion de la visite de madame Shawkat qui, elle, appartient à « l’élite », la description de cette élite déclinante, rentière et de bas niveau d’instruction, trace en creux les contours d’une classe moyenne ascendante, quoique perturbée dans son ascension. A la différence de Shawkat, les membres de cette famille professent une éthique puritaine de l’effort, mais ils restent repliés sur une conception traditionaliste et prémoderne de l’urbanité. De l’autre, on a un monde qui apparaît comme séparé du « sens », mais qui dissimule bien le tragique de notre temps sous ses airs impassibles. Les deux romanciers ne s’abandonnent pas à la vie. Ils s’en méfient. Pour s’en protéger, ils la figent, la vident de sa substance et la réduisent à une épure.

Après l’assaut israélien contre une flottille humanitaire et le massacre de plus de vingt personnes,(toujours selon l’armée israëlienne), donc les statistiques ne sont pas encore certaines, et tant d’autres blessés, les voix universelles se lèvent encore après ce long silence, un silence proche d’une complicité avec les autorités israëliennes.

Mais encore une fois, des voix perplexes pour « condamner » cette opération mais sans aucune décision explicite et claire vis-à-vis de cette nouvelle « honte des temps modernes ». on dirait même qu’on a oublié le grand massacre de Gaza qui a détruit une ville entière et l’a réduite en cendres!

Aucune décision concrète, aucune censure, aucun sommet « officiel » pour prendre de véritables décisions pour condamner l’état hébreux! des balbutiements timides par ici et par là mais qui manquent de rigueur et de précisions et même les manifestations populaires dans certains pays arabes ne sont même pas soutenues par les différents gouvernements qui continuent leur « soumission » parfaite!

En attendant ce miracle qui va tomber je ne sais d’où pour libérer ce peuple persécuté et torturé sur sa propre terre, les journalistes et les humanitaires sont interdits de ce territoire et voilà la conséquence: l’armée israëlienne a montré qu’elle est capable d’ouvrir le feu même sur une flottille humanitaire! cela paraît logique puisque les dégâts de 2009 sont tellement désastreux que photos et interviews ne sont pas permises.

Mais, les autorités israëliennes ignorent que la vérité ne peut être dissimulée et l’injustice ne peut être éternelle! Il suffit juste de regarder « jenin-jenin » de Mohamed Bakri et on comprend les raisons de ce blocus de « honte » et de terreur…ces pratiques « terroristes » de l’état hébreux sont la cause profonde de tout le terrorisme universel et aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de lancer des condamnations « creuses » et qui n’ont aucun sens, il s’agit d’agir pour donner la vie à tout un peuple qui n’a connu que la mort et la terreur…